
Historique
Ancien Marché couvert Sainte-Marie, le bâtiment des halles , d’une grande puissance architecturale et marqué par son histoire.
Les marchés couverts se développent à Bruxelles au milieu du 19ème siècle. La révolution industrielle, l’explosion démographique, un souci hygiéniste et l’instauration de nouveaux circuits commerciaux et de distribution en sont les causes principales.
En 1865, la commune de Schaerbeek construit ce premier marché à l’angle de la rue de la Constitution et de la nouvelle rue Royale Sainte-Marie.
L’architecte communal Hansotte le conçoit en collaboration avec le constructeur Bertaux, spécialisé dans la réalisation de structures de fer riveté. Très vite il connaît un succès retentissant et attire les foules mais en 1898: l’édifice est ravagé par un incendie qui le détruit totalement. Trois ans plus tard, en 1901, il est reconstruit à l’identique par Jaumot et Pirotte.
Jusqu’en 1960, les halles servent successivement d’entrepôt, d’atelier et de parking. A cette date, elles sont vendues à la Société coopérative de Locataires d’Habitations et de Logements Familiaux. En 1971, la société coopérative accorde une option sur le terrain à une société immobilière, en vue de construire un complexe immobilier à la place de l’ancien marché. Diverses personnalités se mobilisent pour sauver l’édifice, En 1972, Jo Dekmine écrit une note d’intention pour réaffecter le bâtiment en lieu culturel. Grâce à l’intervention de la Commission Française de la Culture de l’Agglomération bruxelloise (CCF) qui rachète le bâtiment en 1975, les halles échappent à la démolition.
En 1983, le bâtiment est cédé par bail emphytéotique par la CCF à la Communauté française de Belgique. Il n’est pas classé mais se trouve sur la liste de sauvegarde de la Région de Bruxelles-Capitale. En 1984-85, une première phase de rénovation est initiée par la Communauté française. Il s’agit de mettre le bâtiment hors eau, de renouveler châssis et vitrages, toitures, dalles de sol, escaliers, et d’entreprendre la réfection de la structure métallique.
En 1994-95, la Communauté française entreprend une seconde phase de rénovation et d’équipement. Elle consiste en la restauration des éléments porteurs du bâtiment et en l’installation d’une nouvelle charpente permettant l’accrochage d’un grill technique et de passerelles. Une structure auto portante est également installée à l’intérieur de la Grande Halle pour des raisons d’isolation acoustique. Au rez-de-chaussée, des cloisons coulissantes et isolantes permettent différents dispositifs d’accès aux salles de spectacle. Outre de nombreux aménagements techniques (ventilations, alimentations électriques, chauffage, régie…), la façade a été entièrement restaurée. Le chantier se termine le 8 août 1996. Des travaux complémentaires destinés à parachever l’aménagement de la Petite Halle sont entrepris en 1996-97.
Aujourd’hui, le bâtiment des halles est un exemple réussi de réaffectation d’un lieu industriel en structure culturelle, permettant une richesse de combinaisons diverses. La Grande Halle (6237m2), espace polyfonctionnel, bordé d’une mezzanine (1463 m2), peut accueillir jusqu’à 2000 spectateurs debout, et 750 assis. La Petite Halle (380 m2), autrefois marché aux poissons, constitue une salle polyvalente pour les concerts et les spectacles. La Ruelle, autrefois marché au beurre et au fromage, est l’actuel espace public des halles équipé d’un bar permanent biface et d’une billetterie à front de rue. Le studio, enfin espace polyvalent de répétitions, de rencontres et expositions. Une dernière phase de rénovation du lieu, en début d’année 2010, a permis d’installer une billetterie permanente à front de rue, dans l’espace de la Ruelle ainsi qu’un bar et de faire de la Ruelle le lieu d’accueil et de convivialité des halles en proximité avec l’espace public.