Catherine Makereel, Le Soir

[...] duo bouleversant de la danseuse et chorégraphe Kaori Ito avec son père. Que peut-on imaginer de plus beau qu’un père et sa fille trouvant dans la danse une manière de dire ce que la pudeur, la distance, la vie, la coutume et les mots ne permettent pas d’exprimer ?


Sylvia Botella, L'Écho

Mais d’abord, il faut revenir à la première énigme de la pièce, celle de son titre, qui donne une première clé. « Depuis que je suis enfant, j’ai toujours eu le sentiment de ne jamais suffisamment bien parler, même en japonais, explique Kaori Ito, et de comprendre mieux le monde à travers le geste. Les émotions affleurent à sa surface. Il fait resurgir toutes les fragilités. La danse m’a rassurée face à ma méfiance des mots. Il est vrai aussi que nous nous parlons peu avec mon père. L’essentiel passe par le regard. »

Il est important de noter que c’est parce que le théâtre était incapable de rendre pleinement compte de la poésie qu’Hiroshi Ito a aussi abandonné les mots pour la sculpture. « Pour moi, confie Hiroshi Ito sur le plateau, la poésie est une sorte de mélange entre les mots et le chant. Un mélange d’une extrême humanité. » Comme Kaori Ito danse, Hiroshi Ito sculpte. Lui aussi il se méfie des mots. Leurs gestes résonnent depuis cette même hantise.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, cette hantise est le point de départ et non l’issue de la pièce de danse.


Marie Baudet, La Libre Belgique

« À l’intersection de la parole, du silence et de la danse, KaoriIto, chorégraphe et danseuse installée en France, convie son père Hiroshi Ito, plasticien japonais, à un dialogue scénique qui questionne l’indiscible du lien, le secret des racines, la complexité salutaire de l’envol.

Un bijou présenté dans le cadre de Brussels Dance. »


Le Monde

« Kaori Ito, […] a imposé une page spectaculaire, humaniste et émotionnelle, dédiée à son père et à leur relation. »

« Hiroshi est un furieux danseur qui met la gomme et s’amuse de se voir si en forme, si drôle aussi. Main dans la main avec Kaori, il dessine une nouvelle géographie de l’intime entre un père et sa fille. »


Télérama

« Elle est épatante, aventureuse, drôle parfois, toujours partante pour des échappées insolites. »

« Au programme de ce plongeon en apnée dans l'enfance : ses racines japonaises mais aussi son déracinement, ses relations avec ses parents qui conservent sa chambre en l'état depuis son enfance… Avec un atout-monstre à cette pièce, la présence du père de Kaori Ito, Hiroshi Ito, furieux danseur, tout swing dehors, visiblement heureux de dialoguer avec sa fille sur un plateau. Entre danse et théâtre, confidence et spectacle, des retrouvailles au goût d'un adieu. »


Libération

« Entreprise d’exorcisme, exercice de maïeutique. Et surprise heureuse : ce qui était exposé sous forme de poncif dans le titre s’incarne avec intensité, à plusieurs reprises, sur le plateau. Je danse parce que je me méfie des mots est bien un drame de la communication, dans lequel il s’agit d’apprendre à libérer les mots pour apprivoiser le silence.

Plutôt qu’un récit linéaire et didactique, Kaori Ito propose une expérience de langage et livre d’élégantes métaphores sur le besoin et les effets de la parole. Peu importe les quelques maladresses (un jeu un peu démonstratif, parfois), on retient surtout cette façon de jouer sur les contrastes rythmiques, entre silence et déferlante sonore, logorrhée enfantine déversée en listes folles et pudeur paternelle. Elle dit qu’en tant que danseuse, parler sur scène de cette façon lui a coûté. C’était le prix à payer pour que naisse ce projet délicat, tentative de réconciliation familiale et culturelle qui passe aussi par la recherche d’une autre façon de se mouvoir. »