L’assemblée d’avril, c’est 10 jours pour réfléchir, inventer, partager et créer ensemble. Et, au 11ème soir…  Une grande fête improvisée ! Elle aura lieu aux Halles du 18 au 28 avril.

Créer un imaginaire socialement partagé, cela ne peut se faire qu’avec vous, avec toutes les personnes vivant ou passant à Bruxelles, et qui voudront bien co-créer avec nous.

C’est pourquoi l’assemblée d’avril propose plusieurs moments informels – déjeuners, dîners – où nous pouvons tous échanger ensemble, en dehors des cadres d’une conversation/entretien, ou d’une présentation artistique.

Mais nous voudrions aller bien plus loin : partir de vous pour créer avec vous un processus de cocréation. Et même, pourquoi pas, vous voir sur le plateau ou dans le champ de la caméra, avec les étudiants et les artistes. Deux dispositifs sont pensés pour ça.

 
Le fond de l’air
 

La démocratie, les libertés, les luttes pour les acquérir ou les maintenir, ça vous inspire ? Peut-être avez–vous des histoires personnelles, familiales, collectives à transmettre. Ou des photos, des images, des archives, des bouts de film ?

En les montrant, en les prêtant pour les afficher dans les espaces communs, en acceptant de les voir intégrées dans les mises en jeu artistiques du soir, vous nous aiderez à apporter beaucoup de matière concrète autour des idées de démocratie et de libertés – ou d’oppression et perte de liberté, d’étouffement, de censure collective ou personnelle, ou de liberté illusoire – et de tous les thèmes abordés pendant l’assemblée.

Qui n’a pas eu de dettes ? Qui n'a pas manifesté ou eu envie de manifester ou détesté certaines manifestations ? Qui ne s’inquiète pas de la manière dont Internet joue avec ses libertés ? Qui ne s’est pas senti oppressé, étouffé un jour ou l’autre, dans sa vie intime, professionnelle, sociale, familiale ? Ou qui ne connaît pas quelqu’un qui…

Nous n’avons pas pu ni su être exhaustif dans le choix des éclairages sur nos thèmes. N’hésitez pas à être incongru, iconoclaste, ne vous inquiétez pas d’être hors sujet. Ne vous censurez pas.

« Le fonds de l’air » sera fait de ce que vous nous donnerez.

Les étudiants et les artistes travailleront à monter ces matières, à les organiser, à les mettre en tension. En rendant perceptibles avec plus d’ampleur et d'acuité l’esprit du moment, nous ferons ensemble l’épreuve sensible des champs de force qui aimantent nos énergies et polarisent nos désirs, et nous pourrons mieux évaluer la composition de l’atmosphère dans laquelle nous évoluons.

Jusqu’au 18 avril, vous pouvez vous adresser à Zaineb (zha@halles.be) pour proposer vos histoires et vos matières. A partir du 19, vous pourrez vous rendre directement aux Halles, ou vérifier sur le site www.halles.be la marche à suivre si vous ne pouvez pas vous déplacer.

 
Qu’est-ce qu’on garde ?
 

Nous vivons une époque de transition, traversée d’incertitudes. Nous prétendons que nos cultures démocratiques s’appuient sur une longue tradition culturelle. Mais entre nous, franchement, qu’en reste-t il de vif ? Sommes-nous démocrates parce que nous lisons le grec dans le texte ? L’actualité des anciens chefs-d’oeuvre, c’est autre chose qu’un argument commercial ? De quoi sommes-nous vraiment fiers Qu’est-ce qui nous parle encore ? Avons-nous vraiment envie d’être pour ainsi dire des touristes de notre patrimoine culturel ? Pouvons-nous tout jeter ? Les séries télévisées valent-elles Dante ou Nonnos de Panopolis ? Si un livre n’est plus lu que par cent personnes, est–il important ? Que voudriez–vous garder de l’époque actuelle, et des précédentes ?

Avec « qu’est-ce qu’on garde ? », il s’agit d’inventorier nos mémoires culturelles, sociales et politiques, artistiques, économiques, familiales, anthropologiques…

Pas forcément pour nous détourner de ce qui ne nous touche plus, mais pour apprécier ce qu’il conviendrait d’en faire, en ressusciter éventuellement le désir. Ou le déclarer mort. Ou en disputer ensemble, dans un montage où une scène des tontons flingueurs peut côtoyer le discours de Périclès, la déclaration des droits de l’homme affronter le code noir, la Révolution d’octobre perturber les aventures de Buffalo Bill, une Annonciation de Fra Angelico saluer la recette turinoise de la pêche au four, un problème de physique fondamentale laisser place au souvenir d’un parfum, Adorno danser le zouglou, une théorie de la justice s’incliner devant la grâce d’une robe bleue haute ou basse couture plutôt que devant le Premier Moteur d’Aristote. Ou pas.

À vous de nous confier ce qui vous importe, ce qui vous porte, vous a porté, et ce qui n’est plus pour vous que poussière. Ne vous souciez pas de hiérarchie, de bon goût, de correction.

Gardons le droit d’être frivoles, mais n’oublions pas d’être également radicaux : demandons-nous aussi pour quoi nous pourrions encore nous sacrifier.