Critique de Mouvement.net

Thomas Lebrun signe avec Les rois de la piste une pièce enjouée et gentiment provocatrice qui cristallise les passions. Cinq danseurs se relaient pour interpréter les chorégraphies les plus farfelues et brossent en quelques minutes les portraits mouvementés des figures familières du dance-floor. 

Par Céline Gauthier, publié le 25 janv. 2017

Les multiples visages d’une galerie de costumes et de personnages défilent au centre de la scène et se trémoussent au son des mélodies langoureuses de la pop des années 1980. Sous l’artifice transparaît pourtant le désir transgressif de donner en spectacle des danses insolites. On croise dans le nouveau spectacle de Thomas Lebrun, des danseurs anonymes du samedi soir absorbés dans une douce transe musicale, expérience solitaire ici transposée sur la scène, au centre d’un minuscule carré lumineux de couleur blanche dessiné sur le sol du plateau par quatre projecteurs. L’occasion pour eux inédite de se brûler les ailes sous les feux de la rampe et d’affronter le public, dissimulés autant qu’exposés sous de brillants costumes.

Les danseurs de la troupe de Thomas Lebrun se donnent en spectacle ou s’oublient dans la pénombre, les yeux clos, pour enfin s’abandonner dans une molle inconscience, les bras ballants. Certains paraissent mal à l’aise, parfois tant éméchés qu’ils s’écroulent sur scène tandis que d’autres plus fringants délient leurs torses souples, roulent des hanches et des mécaniques pour marquer du pied les pulsations de la musique. Leur danse se fait lascive et leurs bassins chaloupent en rythme, parfois ouvertement suggestive lorsqu’ils feignent de se séduire et s’embrassent goulûment. Les figures subversives du gogo-dancer ou de la drag-queen apparaissent, charriant avec elles les singuliers fragments d’un imaginaire collectif de la danse.

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