UN JASON CONTEMPORAIN TUE LES ENFANTS DE MEDEE. BOULEVERSANT. ****

Elle leur adresse son récit doucement, sans élever la voix. L’horreur  est intériorisée. Je n’aime pas le procédé habituel de parcourir les rangs du public pour en faire de faux acteurs. Ici, on ne leur demande pas d’êtres acteurs mais des intermédiaires. Hier, vendredi 1er décembre,  ils étaient parfaits, certains jours cela peut  être très dangereux. Mais le théâtre est un risque ou il n’est pas. Ici ce risque est à la fois maximal et minimal tant le texte est beau et l’interprétation juste, précise.  Une fable tragique s’ouvre, à la fin, sur la délivrance. La folie perverse ne détruira  jamais l’amour, petit fleuve intranquille, à la source jamais tarie. L’amour plus fort que la mort, lieu commu,  mais quelle subtile incarnation !

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Pour ceux qui hésiteraient encore et ont besoin de références pour se déplacer : le spectacle a été créé en italien en septembre au Piccolo Teatro de Milan. Giorgio Barberio Corsetti est une référence internationale.Gaia Saitta a été à l’école de Ronconi,  Grotowski, Vassiliev, Corsetti bien sûr et en Belgique, où elle réside,  d’Alain Plattel et du groupe flamand "Ontroerend Goed". Elle a fondé e Groupe Ifhuman, avec Hervé Guerisi et Julie Anne Stanzak ,et est en résidence artistique aux Halles de Schaerbeek.

Elle signe la traduction/adaptation française de l’italien , excellente,  ‘polie’ par  Christophe  Galent, directeur des Halles. On espère  que celui-ci  reprendra rapidement ce petit chef d’œuvre et que des programmateurs belges le rattraperont à 2 pas de nos frontières(Maubeuge) la semaine prochaine. Après avoir été créée en septembre au Piccolo Teatro de Milan.
Pour tout vous dire « JE CROIS QUE DEHORS C’EST LE PRINTEMPS» n’a pas besoin de toutes ces références pour être une des découvertes les plus remarquables de cette saison par une Italienne de Bruxelles.

Christian Jade, dimanche 03 décembre 2017, rtbf.be