Le risque, l’imminence du danger, sont parfois déclencheurs d’une force de vie…  

La nécessité de mobiliser des ressources puissantes pour le maintien de son existence apparaît souvent lorsque cette dernière est menacée. De la même manière, des rites initiatiques anciens comme le baptême consistaient à immerger une personne et à la maintenir tête sous l’eau jusqu’à la limite de la noyade. A la frontière de la mort, une force vitale archaïque, essentielle, se manifeste. C’est une "nouvelle naissance".  

En tant que trapéziste, je me suis souvent demandé ce qui m’a poussée à consacrer tant de temps à me suspendre par un bras à 8 mètres de haut… la fascination de la limite, dont le paradoxe est qu’elle peut être toujours repoussée, la recherche d’une forme d’exaltation, la tentative de restaurer un goût de vivre défaillant ?... (Cf. D. Le Breton 1991 – 2002)  

Que recherche-t-on dans la prise de risque, quel est ce besoin qui nous fait côtoyer les bords du vide, conscient du danger que l’on encoure ? Attirance / répulsion / fascination…

Entre l’excès de sécurité et l’excès de mise en danger, quel équilibre ? Ou quel perpétuel déséquilibre, se rattrapant de justesse mais jamais tout à fait ?

Chloé Moglia