Halles-José Soeiro

José Soeiro

Docteur de la faculté d’Economie de l’Université de Coimbra (Portugal), sociologue du travail et de l’action collective.

Pour en finir avec le bon sens populaire

Nous vivons une crise complexe. Mais lorsqu’il s’agit de parler des causes de cette crise, ou de ses solutions, le discours ambiant se résume à une série de principes simples, dont les formules semblent conformes au bon sens populaire, et que nous adoptons naturellement.

Nous avons vécu au-dessus de nos moyens. Gérer le budget d’un pays, c’est comme gérer le budget d’un foyer.  Un Etat doit être dirigé comme une entreprise. Nous sommes tous des entrepreneurs en puissance. Notre système de protection sociale nous handicape face à la mondialisation...

Chacune de ces formules brèves, simples, est reprise en boucle dans les discours politiques, les médias, par les « décideurs ». Leur répétition perlée finit par les installer comme des évidences premières, à partir desquelles nous raisonnons, ou dessinons le cadre des débats, délimitons les horizons du possible. Même lorsque ces formules ne nous convainquent pas, elles instillent l’état d’esprit, le climat général dans lequel nous vivons et appréhendons la crise, entourant le présent d’une sorte de fatalité que nous devons assumer de toute façon, et dont peut-être même nous sommes plus ou moins sournoisement coupables.

Faut-il diriger un pays comme une entreprise ? La dette d’un foyer est-elle comparable à celle d’un Etat ? Les vieux font-ils peser un fardeau social sur les jeunes ?

Docteur de la faculté d’Economie de l’Université de Coimbra, sociologue du travail et de l’action collective et aujourd’hui Député de Porto, José Soeiro nous entraînera à cette auto-défense mentale, en déconstruisant quelques-uns des clichés qui conditionnent notre rapport quotidien aux choix politiques actuels.