
Mondes arabes
Samar Yazbek (SYR)
En relation avec la révolution syrienne
Pour la reprise du cycle de littérature Mondes arabes, les halles ouvrent une fenêtre écrite sur la Syrie et la terrible répression de sa révolution. Romancière et journaliste, Samar Yazbek est l'un des visages les plus connus de la révolte syrienne. Elle a quitté son pays en juillet 2011, et vit désormais à Paris. Malgré son appartenance à la communauté alaouite, la minorité chiite à laquelle appartient aussi la famille d'El-Assad, elle a rejoint la contestation contre le régime. Arrêtée à plusieurs reprises, les autorités l'ont forcée à visiter les prisons où sont détenus les manifestants. Une descente aux enfers dont elle a fait le récit dans Voyage au bout de l'enfer, publié l'été passé par le quotidien français Libération. Samar Yazbek, ou quand la littérature s'écrit au présent.
19:00
La rencontre sera précédée d’un exposé de Ziad Majed à propos de la révolution syrienne et de sa répression.
20:00
Projection du court métrage Conte de Printemps de Dani Abo Louh et Mohamed Omran.
Avec Conte de printemps, Dani Abo Louh et Mohamed Omran, deux jeunes artistes syriens installés en France, proposent un hommage à  la révolution syrienne.
Une vidéo d’animation composée de dessins, d’encre de chine et de papier, toute en fragilité pour dire l’irrépressible résistance…
Les deux jeunes réalisateurs préparent aujourd’hui un nouveau film à propos des prisonniers politiques et de la torture en Syrie.
En collaboration avec Actes Sud, Musiq'3, Tropismes libraires et le Journal Le Soir
MA 07.02 20:30
5€ -3€

Mondes arabes
Ziad Majed (LIB)
La révolution syrienne et sa répression
Littérature, Débat
MA 07.02 19:00
En relation avec la révolution syrienne et sa répression, Ziad Majed – chercheur et politologue libanais – exposera son point de vue sur la situation actuelle et ses conséquences pour le Proche-Orient.
Ziad Majed est l’auteur d'articles et d'études sur les réformes, les transitions démocratiques, les élections, la société civile et la citoyenneté au Liban et dans le monde arabe. Il réside actuellement en France où il enseigne la science politique.
Depuis le 5 avril 2011, en collaboration avec Nadia Aissaoui – sociologue et féministe algérienne, il signe et publie sur le site Mediapart.fr une chronique hebdomadaire intitulée A l'affût des révolutions. Celle-ci s’intéresse aux révolutions et évolutions ayant lieu dans le Monde arabe et particulièrement en Syrie.
Cet exposé sera suivi par la rencontre littéraire avec Samar Yazbek – auteure et journaliste syrienne, aujourd’hui réfugiée politique qui réside à Paris.
Les Halles sont solidaires avec le peuple Syrien et la révolution syrienne. Khaled Khalif, auteur du texte ci-dessus était parmi nous en mai dernier.
Message de l’écrivain syrien Khaled Khalifa
Chers amis, écrivains et journalistes du monde entier, notamment en Chine et en Russie, je tiens à vous informer que mon peuple est exposé à un génocide.
Depuis une semaine les forces du régime syrien intensifient les attaques contre les villes rebelles en particulier Homs, Zabadani, les banlieues de Damas, Rastan, Madaya, Wadi Barada, Figeh, Idlib et dans les villages de la montagne de Zawiya. Depuis une semaine et jusqu'au moment où j'écris ces lignes, plus de mille martyrs sont tombés, dont beaucoup d'enfants, et des centaines de maisons ont été détruites sur les têtes de leurs habitants.
La cécité qui a frappé le monde a encouragé le régime à tenter une élimination de la révolution pacifique en Syrie, avec une force répressive inégalée. Le soutien de la Russie, la Chine, l'Iran et le silence du monde face aux crimes commis en plein jour, a permis le meurtre de mon peuple par le régime depuis onze mois. Mais dans la dernière semaine, du 2 février à aujourd'hui, les signes du massacre se sont clarifiés. La scène de centaines de milliers de Syriens descendus dans les rues de leurs villes et villages la nuit du massacre de Khalidiya, dans la nuit du vendredi au samedi dernier, les mains levées en prières et en larmes, brise le cœur, et place la tragédie humanitaire syrienne au centre du monde. C'est une expression claire de notre sentiment d'être des orphelins, abandonnés par le monde et par les politiciens satisfait par les paroles vaines et les sanctions économiques, qui n'empêchent pas les assassins et ne retiennent pas les chars baignés de sang.
Mon peuple, qui a fait face à la mort le torse nu et en chansons est en ce moment même assujetti à une campagne de génocide. Nos villes rebelles sont dans un état de siège sans précédent dans l'histoire mondiale des révolutions. Le personnel médical est empêché de secourir les blessés, les hôpitaux de campagne sont bombardés de sang-froid et détruits, l'entrée est interdite aux organisations de secours, les lignes téléphoniques sont coupées, et la nourriture et les médicaments sont bloqués, si bien que la contrebande d'un sac de sang ou d'une tablette de Setamol dans les zones touchées est considéré comme un crime digne d'emprisonnement dans des camps de détention, dont les détails vous horrifieront un jour.
Dans toute son histoire moderne, le monde n'a pas connu de tels vaillance et courage, que ceux manifestés par les révolutionnaires Syriens dans toutes nos villes et villages. Le monde n'a pas non plus connu un tel silence, et une connivence dans le silence qui est dès à présent considéré comme une complicité dans le crime et l'extermination de mon peuple.
Mon peuple est un peuple de paix, de café, de musique que j'espère vous savourerez un jour, de roses, dont j'espère qu'un jour le parfum vous parviendra, afin que vous sachiez que le cœur du monde est aujourd'hui exposé au génocide et que le monde entier est complice dans le versement de notre sang.
Je ne peux rien dire de plus dans ces moments difficiles, mais j'espère que vous agirez par solidarité avec mon peuple de la façon que vous jugerez appropriée. Je sais que l'écriture est impuissante et nue devant les canons, les tanks et les missiles russes qui bombardent nos villes et nos civils, mais je n'ai aucune envie que votre silence aussi, soit complice du meurtre de mon peuple.












