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Les Halles de Schaerbeek — Brussels —

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Les suggestions de Dulia, libraire itinérant

Dulia Lengema est un libraire passionné et itinérant.

Mais pas seulement. Dans Comptoir Caisse, le libraire discute avec sa clientèle juste au moment de passer à la caisse. Il tend aussi le micro aux éditeurs dans ses rencontres littéraires itinérantes et éphémères à retrouver Des mots d'éditeurs.

Ces dernières semaines, Dulia a pris ses quartiers dans... notre Cave. Il nous accompagne pour l'aventure Great Black Music et propose au Public des portes d'entrées ou de sorties pour aller plus loin ou pour approfondir certains propos abordés dans l'expo.

En  trois chroniques, Dulia vous fera ses suggestions.

Quelques balises politiques, historiques et philosophiques

  • Nations Nègres et cultures-Cheikh Anta Diop ( Présence Africaine)

"Avec quarante ans de recul on s'aperçoit que les grands thèmes développés dans Nations nègres et culture, non seulement n'ont pas vieilli, mais sont maintenant accueillis et discutés comme des vérités scientifiques, alors qu'à l'époque ces idées paraissaient si révolutionnaires que très peu d'intellectuels africains osaient y adhérer. "

  • L'Atlantique Noir ( Amsterdam éditions)

Note de l'éditeur :" L’approche développée par Paul Gilroy permet de renouveler en profondeur la manière de penser l’histoire culturelle de la diaspora africaine, résultat de la traite et de l’esclavage..... l’auteur montre qu’il existe une culture hybride, qui n’est ni africaine, ni américaine, ni caribéenne, ni britannique, mais tout cela à la fois : l’Atlantique noir....cet espace qui commence à se constituer dès le XVIIe siècle à travers l’histoire de la traite négrière, de retracer ce réseau de relations, d’échanges d’idées, de personnes et de productions culturelles. Au fil de ces pages où l’on croise des figures allant de Spike Lee à T. W. Adorno, en passant par les Jubilee Singers, Richard Wright, W. E. B. Du Bois, Jimi Hendrix, Wynton Marsalis ou encore Hegel, l’espace et le temps singuliers de l’Atlantique noir prennent forme et consistance de façon saisissante.

La musique, mode d’expression privilégié d’une culture enracinée dans l’expérience des terreurs indicibles de l’esclavage, avec ses usages et ses circulations inattendus d’un bord à l’autre de l’Atlantique, joue un rôle de premier plan dans la création de cette contre-culture de la modernité relevant autant de la réalité que de l’utopie"

  • L'esclavage expliqué à ma fille - Christiane Taubira (Point Seuil)

"Il ne s’agit pas de se morfondre ni de se mortifier, mais d’apprendre à connaître et respecter l’histoire forgée dans la souffrance. D’appréhender les pulsions de vie qui ont permis à ces millions de personnes réduites à l’état de bêtes de somme de résister ou simplement de survivre." Christiane Taubira

  • Décoloniser l'esprit - Ngugi Wa Thiong'o ( La Fabrique)

Professeur d'université et romancier d'origine kenyane , l'auteur nous explique pourquoi le livre que vous lisez est le dernier livre qu'il écrira en anglais et qu'après celui-ci, il n'écrira plus qu'en kikuyu sa langue maternelle, celle de ses ancêtres. Pourquoi? parce que la colonisation est évidemment une occupation forcée d'une territoire par une puissance extérieure, c'est aussi et surtout une occupation mentale et culturelle...

  • L'appropriation culturelle - Rodney Williams ( Anacaona)

Note de l'éditrice :"Peut-on porter un turban, des dreadlocks ou une coiffe de plumes autochtone ?Oui et non, car les accessoires culturels fonctionnent comme des piliers d’identités pour les peuples historiquement subalternisés par l’Occident. Ils portent en eux une ancestralité et des pratiques sociales de lutte et de résistance qui doivent être respectées. Séparant l’appropriation culturelle des autres formes d’échange culturel, Rodney William révèle comment l’appropriation participe aux dispositifs d’invisibilité et de génocide culturels, en affaiblissant intentionnellement les savoirs et les connaissances des peuples noirs, autochtones et minoritaires."

  • Peaux noires, masques blancs - Franz Fanon ( Point Seuil)

La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc a gardé toute sa valeur prophétique : car le racisme, malgré les horreurs dont il a affligé le monde, reste un problème d’avenir. Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l’homme et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d’intellectuels du tiers monde.

  • La place de la parole noire - Djamila Ribeiro ( Anacaona)

Note de l'éditrice : "Ce livre questionne qui a droit à la parole dans une société où la masculinité, la blanchité et l’hétérosexualité sont la norme. S’appuyant sur les réflexions de féministes historiques comme Simone de Beauvoir et de féministes noires modernes, Djamila Ribeiro révèle la position critique de la femme noire : elle est l’autre de l’autre, à la marge du débat sur le racisme centré sur l’homme noir, et à la marge du débat sur le genre centré sur la femme blanche.

Le féminisme noir ne crée pas de scissions, bien au contraire : il rompt avec la scission créée par une société inégale et réfléchit à la façon dont les oppressions de race, de genre, et de classe s’entrecroisent."