Les Halles de Schaerbeek
— Bruxelles —

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NI NI YA MOMO

Guilhem Chatir

Dors, bébé.
Jusqu' à ce que le repas soit cuit.
Et s'il n'est pas cuit, Ce sera des voisins. 
Dors, bébé.
Jusqu’à l’arrivée de ta mère
Du pain sur la table
Bonbons dans les escaliers.

Ni ni Ya Mo Mo, c’est une comptine qui m’a vu grandir. Une comptine arabe. C’est aussi la première chose à laquelle je pense lorsque j’essaie de me souvenir de ce que m’a légué mon père. Un souvenir radicalement transparent et intime.

Par amour pour ses enfants et dans un souci d’intégration, il a enfoui une grande part de sa culture arabe - qui ne m’a alors pas accompagné dans mon trajet vers l’âge adulte. J’ai la sensation que les reliefs et les aspérités ont été aplanies, que les marqueurs culturels avec ce pays d’origine n’étaient pas affirmés, du moins jamais revendiqués.

Mais, aussi anodine que la berceuse puisse paraître, elle livre davantage que le caractère insondable des liens filiaux. La berceuse, à travers sa dimension vive et figurée, contient tout un patrimoine ; l’acte de la réciter achève de transmettre cet héritage. Processus de transmission poétique, elle est profondément liée au territoire dont elle provient. Elle se goûte avant de prendre sens. Elle accompagne ce basculement du monde extérieur vers l’univers intérieur.
La voix est vectrice de quelque chose qui échappe à la signification : elle est la continuité sonore et enveloppante d’une proximité corporelle rassurante pour l’enfant qui ferme les yeux et s’efface au monde.

Je partage avec mes partenaires au plateau Jamil Attal et Karima El Amrani, une correspondance des origines, des influences et un héritage parcellaire commun qu’il m’intéresse d’aller interroger pour en faire exister toutes les déclinaisons et toute la richesse. Se profile avec eux une entreprise d’enquête anthropologique afin de déterrer ces musiques, ces danses, ces architectures de corps qui m’ont été transmises. Elles contiennent aussi nos histoires, singulières et communes, et des parts de nos identités, loin d’être invariantes, immuables et intangibles.

Libérer les corps à la faveur de la nuit. Ni ni Ya Mo Mo embrasse le crépuscule. Celui qui permet les correspondances insolites, l’éveil paradoxal des souvenirs endormis, la jouissance physique de participer à une célébration désinhibée - qu’il s’agisse de nos transes festives ou du bal de nos imaginaires.

Je ne raconte pas le Maroc, je ne dépeins pas sa culture ; j’empoigne enfin les traces qu’elle m’a laissées à partir et à travers un souvenir singulier, parfaitement universel : le moment du coucher et ses rituels, les comptines qui nous ont bercés, les mondes oniriques absurdes que nous avons traversés.

Chorégraphie et conception : Guilhem Chatir
Interprétation : Jamil Attar, Karima El Amrani, Guilhem Chatir
Musique live : Mélina Despretz
Collaboration artistique et dramaturgique : Gaëlle Vatrican
Création lumières : Suzanna Bauer
Scénographie : Elfie Poiré
Regard extérieur : Hanna El Fakir
Costumes : Manon Utah EQUIPE ADMINISTRATIVE
Production Déléguée : Les Halles de Schaerbeek
Soutien en production : Gaëlle Vatrican PARTENAIRES
Coproductions : Les Halles de Schaerbeek (Bruxelles) - Production déléguée Charleroi danse (Bruxelles) Les Brigittines - Centre contemporain du Mouvement de la Ville de (Bruxelles) Le Théâtre de (Liège) Accueil : La Briqueterie - Résidences croisées “Passerelles” - déc. 2024 Autres partenaires envisagés (demandes soumises - en attente de réponse) : Les Subs - Lyon (France) - en cours de discussion Le CDCN - Roubaix (France) - rendez-vous programmé au printemps 2024 Central - La Louvière (Belgique) - en cours de discussion Le CentQuatre-104 - Paris (France) STUK - Leuven (Belgique) ONDA (France) - soutien envisagé Danse Dense (France) - en cours de discussion Autres soutiens financiers : Aide au projet - Fédération Wallonie Bruxelles - Commission danse. (Dépôt au 1er octobre 2023)