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Les Halles de Schaerbeek — Bruxelles —

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Antispécisme: pourquoi tant de haine ?

Avez-vous déjà entendu parler de l’antispécisme ? Les antispécistes contestent toute hiérarchie entre les espèces et donc la supériorité de l’être humain. Et comme il n’existe pas de supériorité de l’homme par essence sur l’animal, rien pour eux ne saurait justifier l’exploitation des animaux par les humains pour quelle que forme que ce soit.

L'antispécisme s'oppose donc au spécisme (concept forgé par les antispécistes sur le modèle du racisme), qui place l'espèce humaine au-dessus de toutes les autres.

Cette vision du monde bouscule bien sûr des traditions et des façons de penser millénaires. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle suscite autant de rejet !

Pourtant, l’antispécisme, incarné avec fougue en France par l’ancien chroniqueur de laurent Ruquier, Aymeric Caron, gagne du terrain au-delà de la sphère des défenseurs de la cause animale et des promoteurs du véganisme.

Abattoirs, élevages, boucheries, cirques ou zones de chasse sont devenus autant de terrains de tensions et d’accrochages qui se multiplient entre « pro » et « anti » spécistes.

La résistance s’organise chez les agriculteurs, les acteurs de la « filière viande », les fédérations de chasseurs et entre les deux camps, le ton monte !

Mais selon le témoignage de plusieurs militants, le terrain d’affrontement le plus violent ne concerne pas l’élevage mais les cirques exploitant les animaux. Amandine Sanvisens, présidente de Paris Animaux Zoopolis, en sait quelque chose : insultée, harcelée, elle cristallise depuis des mois la haine des circassiens. Elle déclarait au journal Libération : «Le climat est encore plus tendu qu’auparavant. Les plaintes contre les circassiens pour violences ou insultes s’accumulent. Si nos manifestations ne sont pas protégées par les forces de l’ordre, nous préférons les annuler ».

Auteur d'une "Lettre ouverte aux mangeurs de viandes qui souhaitent le rester sans culpabiliser" (Éditions Larousse), le politologue Paul Ariès revient sur sa critique de l'antispécisme et du véganisme qui y est ipso facto associé.

Le véganisme préparerait le terrain à l'adoption de la fausse viande ce que l'industrie n'avait pas su faire par exemple pour imposer la viande clonée…Et qui trouve-t-on derrière ce projet ?  L’ensemble des GAFA et des lobbies financiers. Le véganisme serait donc porté par des firmes comme Google, Facebook, mais aussi Nestlé ».

Et d’ajouter que la conception la plus radicale des antispécistes est d’aller jusqu’à supprimer les animaux de compagnie, car ils seraient dans une relation de domination psychique, d’interdire les chiens d’aveugle, les animaux de trait, et, même, de supprimer les animaux sauvages car il existerait plus de souffrance que de bonheur dans la nature.

Comment réconcilier des points de vue extrêmes ?

Nous pouvons probablement nous retrouver sur le fait de reconnaître que les animaux sont des êtres sensibles et soutenir l’idée d’une nouvelle alliance, un nouveau contrat nécessaire entre les animaux, les éleveurs et les mangeurs.

Et nous pouvons aussi probablement continuer de militer pour l’amélioration d’existence des animaux d’élevage. Mais on peut douter du bien-fondé de la thèse abolitioniste. Un monde sans animaux est-il réellement souhaitable ? » Chacun se fera une opinion.