Les Halles de Schaerbeek — Bruxelles —

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Mémoire(s)

Cie Poivre rose

« Demain, je n’aurais plus été personne… »


Que reste-t-il de nous ?
Avant d’être oubliés, nous serons d’abord dépassés, pour finalement être changés en kitsch puis en vintage, puis en désuet.
Nous disparaîtrons tous un jour, emportant avec nous nos souvenirs.
L’histoire collective, elle, survivra.
L’Histoire n’est qu’une collection de souvenirs actés.
C’est le chemin entre l’être et l’oubli, c’est le chemin de ce spectacle.
C’est le chemin de ces personnages.
De la couleur au noir et blanc, du vivant au mort, de l’acrobatique au statique, des trépidations à la sérénité, du plein au vide.
Pour sa deuxième création, la Compagnie du Poivre Rose délaisse les codes du genre pour s’attaquer aux méandres de la mémoire et, inspirée par le travail plastique de Christian Boltanski, les mettre en scène passant du mât au trapèze, avec un détour par le cadre coréen et la corde à sauter.
Fidèle au langage qui lui est propre, le Poivre Rose est impatient d’explorer ce sujet avec humour, finesse et décalage.
Le tout encore une fois avec la complicité avisée de Christian Lucas.
Tenter de rendre une heure de notre vie, immortelle.
Est-ce possible ?
Pourquoi ne pas essayer … ?
« Soudain je ne me rappelle plus du code de ma carte bleue ! Ce matin encore, j’ai retiré vingt euros sans y penser. Cette mémoire qui m'obéissait jusque là si parfaitement, au point que je n'y faisais plus attention, m'abandonne à cet instant mystérieusement. Un petit bout de vide s'est immiscé en moi. « Une entourloupe de mon inconscient » me dis je, néanmoins je reste paralysé, impuissant, interloqué : la faculté de se souvenir, cette fonction qui rassemble tout ce que je crois être, peut se désagréger et me réduisant à néant quand bien même mes mains continueraient de prendre et mes yeux de voir.
Ce genre d'expérience que beaucoup ont déjà vécue à plus ou moins grande échelle (et avec un peu moins de panique que moi, j'espère...) nous place devant le gouffre de l'amnésie. Qui suisje si je perds mon passé?
Les ombres fragiles des installations de Boltanski nous racontent le stade ultime du souvenir des êtres avant leur disparition absolue, le moment où il n'en reste plus que la vague culpabilité des les laisser tomber dans l'oubli, un léger tremblement nostalgique. Nous constations avec une amie qu'après un certain temps de deuil douloureux, on s'aperçoit avec étonnement et à regret que malgré soi on pense de moins en moins à l'être aimé. Inexorablement une gomme magique efface tout derrière nous avant de nous rattraper.
Comme chez Boltanski, nous souhaitons envahir le public par les émotions qui sont au centre de l’existence et de l'acte artistique: la peur de la disparition et de l'oubli, le sentiment de la présence et le scandale de l'absence. Partir en explorateur, en aventurier, dans l'océan trouble de nos mémoires pour y découvrir ce qui fuit, ce qui s'accroche, ce qui disparaît, ce qui réapparaît, ce qui se cache, ce qui dure et ce qui s'effrite, pour le restituer en quelques traits avec nos mouvements et nos gestes circassiens; et en extirper une volonté farouche de dessiner sur le vide. »
Christian Lucas – Metteur en scène

 

Mise en scène : Christian Lucas
Avec Thomas Dechaufour, Antoinette Chaudron, Marcel Vidal Castells, Marine Fourteau et Amauy Vanderborght
Costumes : Saïd Abitar
Lumières : Maëlle Payonne
Une production de la Compagnie du Poivre Rose – Poivre Rose ASBL
En co-production avec : CIRCa – Pôle National Cirque / Auch Gers LRMP (Auch, FR) / Transversales – Scène conventionnée Cirque de Verdun (Verdun,FR) / Les Halles de Schaerbeek (BE) / Dommelhof/ Theater op de Markt (BE) / Maison de la Culture de Tournai (Tournai, BE)
Soutenus par : CRÉAC – Pôle National Cirque Mediteranée (Marseille, FR) / Espace Athic, Relais Culturel d’Obernai (Obernai, FR) / Espace Jéliote – Scène conventionnée d’Oloron-Sainte-Marie (Oloron-Sainte-Marie, FR) / Espace Catastrophe – Centre International de Création (Bruxelles, BE) / Destelheide (Dworp, BE)