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Les Halles de Schaerbeek — Bruxelles —

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La grandeur de l'invisible

Dans le roman Etonner les dieux  Ben Okri raconte l'histoire d'un homme qui, né invisible, va à la recherche de la visibilité pour se comprendre et se connaître. En effet, même s'il avait grandi « sans contradiction sous le soleil des époques non écrites », on l'avait par la suite envoyé à l'école, où il apprit qu'il était invisible en même temps qu'on lui enseigna « qu'on pouvait écrire le temps avec des mots ».

 

Après 7 ans de voyage, il arrive sur une île et entre progressivement dans une ville en apparence déserte. Sur cette nouvelle terre d'énigmes et de contradictions, où il est guidé par des voix, l'homme s'aperçoit que plus il essaie de réfléchir, moins il comprend et que plus il accélère, et moins il avance.  C'est en se frayant des passages à travers des obstacles que le voyageur rencontre sa propre vérité, celle qu'il découvre au fond de lui-même : « il vaut mieux être invisible ».

 

Dans ce livre, où le sublime côtoie le merveilleux, le luxe et le somptueux, l'auteur nous présente un héros ordinaire dans sa quête de soi, un homme dont le cheminement vers le monde ramène finalement vers lui-même, son intériorité et ses valeurs invisibles, telles la justice, l'amour, la grâce, la créativité ou la pensée. D'abord désarçonnant puis entraînant, Etonner les dieux fait l'éloge de la simplicité et de la quotidienneté, il s'agit de regarder et voir au-delà de la matérialité de l'existence. Alors devenir plus soi et plus libre.

 

Celestina Jorge (Pépite blues)