Les Halles (default image)

Les Halles de Schaerbeek — Bruxelles —

Splash timer

CULTIVONS NOTRE RAGE

Intempestive comme à son habitude, la saison 19-20 laisse planer sur les Halles un vent de révolte, une énergie insurrectionnelle, un besoin de résister. Mais la révolte, loin d’être un sentiment de pure négation, se veut vitale et multiple : la révolte face à l’ordre établi, la résistance face aux carcans sociaux qui contraignent le développement individuel, l’indignation face à une société qui se perdrait dans ses travers, la résistance individuelle pour dépasser ses propres limites.

Ce sentiment de contestation résonne plus que jamais dans l’actualité. D’après le sociologue Geoffrey Pleyers, professeur de sociologie à l’UCL, « les années 2010 constituent la décennie des mouvements sociaux ». Depuis les actions des Indignados et des révolutions dites des "Printemps arabes", qui ont eu cours dès les débuts 2011, les révoltes populaires n’ont eu de cesse de gronder de par le monde : Syrie, Yémen, Venezuela, Turquie, Algérie, Maroc, Hong Kong, Egypte, Equateur, Bolivie, Chili, Liban, Irak, Soudan, Guinée, Albanie, Serbie, France. Dix ans plus tard, les effets de la crise économique de 2008 se font clairement ressentir.

L’explosion des inégalités pousse les populations à se soulever pour remettre en cause la légitimité d’un État qu’ils jugent incapable de répondre aux besoins fondamentaux des peuples qu’ils représentent. Les préoccupations sociales et économiques se muent en contestation politique. Parallèlement à cette quête d’une meilleure répartition des richesses, c’est aussi un besoin de plus de liberté et de dignité qui s'exprime.

Face à des répressions de plus en plus violentes de la part des forces de l’ordre, dans les régimes autoritaires autant que dans les démocraties, les actions se durcissent. À l’État providence succède un état-adversaire, favorisant la remise en cause des démocraties institutionnelles. Et des révoltes populaires à la recrudescence des populismes, il n’y a qu’un pas.

A ces crises politico-économiques, répond celle du climat. Cette dernière année a été émaillée par les manifestations pour la protection de l'environnement qui se sont récemment durcies avec les actions du mouvement Extinction Rebellion, qui a fait de la désobéissance civile son mode opératoire pour transmettre son message.

Soulèvements populaires, résistance face aux élites, remise en question du modèle socio-démocratique, crise écologique : serait-ce les signes de l’effondrement du modèle néo-libéral tel qu’on l’a connu et développé durant les dernières décennies ?